PREPARATION AU DEUXIEME DAN FEKAMT : JION

JION VOUS EST ÉGALEMENT PRESSENTE DANS LA PAGE KATA
LES BUNKAIS DE JION SONT DANS LES CAHIERS TECHNIQUES

1- Historique

Dans le domaine des arts martiaux, l’histoire, la légende et le mythe sont aujourd’hui confondus, Il est donc difficile de retrouver l’origine exacte d’un kata puisque pour relater les faits réels, il faudrait que les différentes versions de l’histoire soient cohérentes. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Mais il est possible que chacune des interprétations connues contienne une part de vérité. On ne sait donc pas très bien qu’elle est l’origine de Jion et il semble qu’il existe plusieurs versions. A priori, ce kata tirerait son nom d’un temple et d’un prêtre bouddhiste qui ont été nommés Jion.

Jion (1351-1409) était un moine ayant acquis une solide notoriété au cours de la période Sengoku (15ème siècle) du Japon. Il est le fondateur de la Nen ryu, style de combat, dans lequel il était célèbre à travers une technique puissante : le renversement avec le bras étendu.

Comme pour toutes les écoles, à la base il y a l’histoire plus ou moins romancée de son fondateur : Sôma Shirô Yoshimoto. A l’âge seulement de cinq ans, il vit un terrible drame. Lors d’une attaque, son père qui était un vassal de Nitta Yoshisada, est tué. Il ne doit son salut qu’à la fuite, grâce à l’action de sa nourrice. Unique survivant de sa famille, il est placé dans un monastère bouddhiste, comme c’était le cas bien souvent pour les orphelins. Deux ans plus tard, il suit un moine itinérant qui lui donne le nom de Nen Ami Jion.

A l’âge de dix ans, il accompagne son maître au temple de Kuruma. Il étudie pendant plusieurs années les principes du bouddhisme ésotérique ainsi que le culte shintoïste. Mais en même temps que sa formation spirituelle, il s’initie aussi aux kobudo (arts martiaux anciens) des moines guerriers (sohei). En 1368, il retourne à Sôma après bien des années d’errance. Là, il venge son père. Puis bien entraîné depuis sa tendre enfance, il créé son école et la nomme Nen Ami ryû. Il parcourt ensuite le pays en tant que moine zen errant, transmettant son art ici ou là. Curieux et passionné par les arts de combat, il cherche constamment à apprendre de nouvelles techniques, notamment avec toutes sortes d’armes. Son passage sur la lointaine île d’Okinawa lui permet de rencontrer des maîtres de shurite, ancêtre du karaté. Jion est donc un kata relativement nouveau qui viendrait des îles d’Okinawa, vers 1663 ou 1680, d’après ce que nous savons maintenant. Gishin Funakoshi le présentait comme un kata de Shorin Ryu (Tomari-Te) que lui aurait enseigné sensei Itosu. Ce kata est aussi étudié dans le style Wado-ryu, Shito-ryu et en Kobayashi-ryu.

2 -Le kata

La garde de départ fait référence à une ancienne école de boxe Chinoise. Elle s’appelle jiai (no) kamae. Elle peut représenter le Yin et le Yang unis ou la rencontre du Soleil (poing fermé) avec la Lune (main ouverte). Elle fut aussi le signe de reconnaissance de la rébellion des Ming contre les Mandchous en Chine en 1644. Les bras le long du corps montent doucement et forment une pyramide pour prendre l’énergie. La main droite fermée vient dans la paume gauche et monte au niveau de la gorge, les coudes sont repliés. Attention les bras ne redescendent pas une fois les mains jointes.

La jambe gauche recule sur la pointe des pieds – le bras gauche monte à l’oreille – à la pose du talon le bras gauche effectue gedan barai – le poing droit fait uchi uke – mettre du ventre (être explosif)– Le pied droit pivote légèrement pour amener à gauche le corps à 45 ° en neko ashi, la jambe gauche repliée – le bras droit est croisé sur le bras gauche, poings serrés – ouverture des bras en morote kakiwake uke en zen kutsu jambe gauche en avant – le corps se présente légèrement de biais pour aller chercher plus loin l’ouverture des bras sur le transfert du poids de corps– faire mae geri jambe droite (bien ramener la jambe) – poser devant –frapper maete bras droit (premier groupe – 1) – enchaîner gyaku zuki puis maete chudan- (deuxième groupe – 2/3)

La jambe droite recule derrière le pied gauche – rotation horaire à droite, le corps se présente à 45 ° en position neko ashi dachi la jambe droite repliée – cette fois le bras gauche est croisé sur le bras droit – ouvrir les bras lentement en morote kakiwake uke en position zen kutsu (le poids du corps est sur l’avant)– faire mae geri jambe gauche (bien ramener la jambe)– poser devant – frapper maete bras gauche (fixer la position) – enchaîner gyaku zuki puis maete bras gauche- (même rythme que précédemment).

Effectuer un transfert du poids de corps sur la jambe droite – passer en neko ashi dachi jambe gauche repliée en tirant la hanche– le bras qui était tendu vient en hikite – le bras droit monte main ouverte (shuto jodan age uke)– faire jodan uke bras gauche en avançant en zen kutsu– enchaîner gyaku zuki–

repasser en position neko ashi dachi jambe droite repliée – le bras gauche monte main ouverte – faire jodan uke bras droit – frapper gyaku zuki – passer une troisième fois en position neko ashi dachi, le bras droit monte main ouverte – faire jodan uke – avancer jambe droite oi zuki – kiai.

Karatétruc :sur la série des age uke-gyaku zuki, il faut bien faire attention à la position des deux épaules sur les gyaku zuki. La ligne des épaules doit être à 90 degrés par rapport à la direction du mouvement. Quand on exécute oi zuki, l’épaule droite va en avant, l’épaule gauche revient en arrière et se connecte avec le talon arrière. Ce groupe est assez rapide.

Le bras gauche monte à l’oreille droite – faire la rotation en allant chercher avec la pointe de pied – enchaîner manji uke à gauche en kokutsu – faire un petit saut glissé (yori ashi) et frapper kagi zuki en passant par la hanche– le bras droit monte à l’oreille – refaire manji uke à droite en kokutsu – petit saut glissé(yori ashi) suivi de kagi zuki –

Déplacement du poids du corps sur jambe droite – bloquer gedan barai – passer en kiba dachi et faire teisho chudan main droite en ouvrant bien la poitrine (premier groupe – 1) – le bras reste tendu le plus longtemps possible – effectuer un pivot en kiba dachi – frapper teisho main gauche – refaire le pivot en kiba dachi et frapper une troisième fois teisho main droite (groupe 2-3) – le bras gauche monte à l’oreille – faire manji uke à gauche – le bras gauche vient s’armer sous l’aisselle droite – effectuer jodan morote uke à gauche en regroupant les deux pieds (les deux poings se regroupent en position koshi kamae avant de remonter sur le jodan) Regarder le poing en l’air– enchaîner manji uke à droite – le bras droit vient s’armer sous l’aisselle gauche – frapper jodan morote uke à droite en regroupant les deux pieds– les bras redescendent en se croisant poings serrés (morote kaki wake gedan)- le bras droit passe devant le bras gauche très lentement.

Pieds serrés, bras écartés – monter le genou droit – amener les deux poings en hikité et avancer en frappant fumi komi – passer en kosa dachi, le pied gauche derrière le pied droit – bloquer gedan juji uke (bras gauche sur bras droit). Reculer la jambe gauche et passer en zen kutsu dachi en ouvrant morote kaki wake gedan. Avancer zen kutsu dachi gauche en croisant le bras droit sur le bras gauche pour faire morote uchi chudan puis ouvrir en kaki wake. Avancer zen kutsu dachi droit et bloquer juji uke jodan (les deux poings sont orientés vers l’adversaire , le bras gauche croisé sur le bras droit). Sur place frapper uraken jodan droit , le poing gauche monte à la tempe en protection. Sur place enchaîner nagashi uke jodan droit avec gedan barai gauche (ou maete) Sur place frapper ura zuki jodan droit en amenant le poing gauche sous le coude.

-faire une rotation en allant chercher avec la pointe du pied et bloquer uchi uke – avancer en frappant oi zuki jambe droite– faire de nouveau une rotation avec uchi uke et frapper oi zuki jambe gauche – effectuer un transfert poids du corps sur la jambe droite et bloquer gedan barai bras gauche – monter le genou droit – le bras gauche est toujours en position – lever le bras droit au niveau du front– faire fumikomi et frapper otoshi uke en kiba dachi – ouvrir le pied – monter le genou gauche et le bras gauche- faire fumikomi et frapper otoshi en kiba – monter le genou droit et le bras droit – faire fumikomi et frapper otoshi uke en kiba –( le rythme est 1 – 2/3)

-rotation à gauche puis passer en neko ashi dachi , le bras droit main ouverte passe par dessus la tête pour faire tsukami uke (saisie ) puis passe en kamae poing fermé au niveau de l’épaule. En kiba dachi le poing gauche frappe yoko zuki . La rotation du poing se fait à la fin.

la tête tourne à droite – le bras gauche main ouverte fait tsukami uke puis passe en kamae poing fermé au niveau de l’épaule– faire yori ashi et frapper yoko zuki avec expiration forte et sonore.

Karatétruc : pour comprendre les rythme dans un kata, il faut se souvenir que lorsque deux techniques se suivent la première est explosive, la seconde est fixée. On a donc un rythme binaire 1-2 . Lorsque trois techniques se suivent la première est explosive puis est suivie d’un léger temps d’arrêt – les deux autres sont enchaînées rapidement. On a donc un rythme différent 1/ 2-3. On retrouve ce principe dans le sanbon kumité. Pour que certains passages donnent une sensation de puissance et de vitesse, il faut qu’ils soient précédés de temps lents (3 à 4 secondes).

Mes «  mots » techniques

Hiki (te)

Juji

Moro (te)

Koshi (kamae)

Poing tiré sur arrière

croix

Mains ensemble

hanche

Fumi komi

Tsukami

Ura

Yori

Coup de pied écrasant

Saisir (le bras)

Opposé, inversé

Pas glissé

Neko

Yoko

Kagi

Teisho

chat

côté

crochet

Paume de la main

Kaki wake

Nagashi

Ashi

Otoshi

Écarter

Brosser, balayer

Pied, jambe

Tomber, pousser

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