STAGE AVEC MAÎTRE GILBERT GRUSS

COURS DU  16 10 2010

Avec l’autorisation de Maître Gilbert Gruss.
I– Echauffement
  • mains sur les genoux fléchis et serrés : rotation horaire et anti horaire des articulations (10 x)
  • jambes légèrement écartées rotation horaire et anti horaire de la nuque (10 x)
  • idem inclinaison de la tête épaule gauche puis épaule droite (10 x)
  • bras pliés et mains aux épaules rotation horaire et anti horaire (10 x)
  • bras tendus poignets cassés vers le bas rotation horaire et anti horaire (10 x)
  • idem poignets cassés vers le haut (10 x)
  • tendre le bras droit – attraper l’épaule droite avec la main gauche – rotation du corps sur la gauche en tirant vers l’arrière – idem en changeant de bras (10 x)
  • passer la main droite derrière la tête pour toucher omoplate gauche – de la main gauche attraper le coude droit et effectuer des étirements des articulations (10 x)
  • mains à la taille rotation horaire et anti horaire du bassin (10 x)
  • idem en faisant des séries de cercles de plus en plus amples (10 x)
  • en position kiba dachi petites flexions sur les genoux (20 x)
  • idem avec transfert du poids du corps à gauche et à droite (10 x)
  • en kiba dachi rétrocession du bassin vers l’avant – ventre sorti – expiration – rétrocession du bassin vers l’arrière – ventre rentré -inspiration (10 x)
  • en position zen kutsu passer en ko kutsu et vice versa (10 x)
  • idem avec rotation horaire et anti horaire du bassin sur le transfert (10 x)
  • avancer en zen kutsu – mawari ashi – passer en kokutsu et inversement (10 x)
II – Technique

Après un bref rappel sur le karaté actuel, Gilbert Gruss explique les différences avec le karaté traditionnel de Funakoshi – Les positions étaient plus hautes et il y avait souvent un contrôle par le bras libre.

  • Kihon en zen kutzu – position à peine fléchie sur la jambe d’appui – frapper oi zuki – le poing arrive lorsqu’il y a transfert du poids du corps – kiai
  • kihon en enchaînant 2 techniques avec le même bras
  1. uchi uke – oi zuki
  2. jodan uke – uraken ou tetsui (comme dans heian shodan)
  3. soto uke – uraken
  4. gedan baraï – haito
III – Travail à 2
  • Tori attaque jodan oi zuki – uke bloque jodan uke au départ de l’action et riposte en même temps avec gyaku zuki (principe du sen no sen)
  • Tori attaque chudan oi zuki – uke attrape dans le mouvement le poignet de Tori et riposte gyaku zuki

Gilbert explique un principe à tout art martial : ne pas s’opposer à la force de l’adversaire mais s’en servir comme dans l’exercice précédent ; lorsque Tori effectue une poussée horizontale ou larérale, il faut le tirer ou effectuer un travail contraire. On retrouve ce principe en judo ou en aïkido sous le terme de loi d’irimi.

L’idéogramme iri de irimi exprime l’idée de passer l’entrée de la maison, d’y pénétrer de soi-même ou d’y être invité. L’idéogramme mi donne l’idée de l’enfant dans le ventre de sa mère, avec le sens de plénitude, plénitude de chair, d’os, de sang. Donc, mi égale corps, irimi mettre son propre corps dans le corps de l’adversaire. Ce mot irimi est utilisé pour désigner l’action de pénétrer victorieusement jusqu’à l’intérieur de la garde d’un adversaire. Quand deux forces se meuvent en direction opposée, la force qui en résulte est l’addition de ces deux forces, irimi est l’utilisation de cette résultante et de sa relation avec sa propre position au moment du croisement.

  • Exercice des mains collantes : les deux adversaires en position zen kutsu poignet contre poignet – tori dirige son poing vers la poitrine de uke en effectuant oi zuki – au moment du snap, uke efface le bassin et passe en ko kutsu – Tout en gardant le contact avec tori, son poing passe alors en hikite et c’est à uke de de viser la poitrine de Tori – l’exercice se fait ensuite en boucle sans s’arrêter en plaçant la respiration : expiration sur la poussée et inspiration sur l’absortion.

Gilbert explique alors le travail interne et externe : dans le travail externe, l’énergie ou ki est expulsée

dans le corps de l’adversaire – dans le travail interne l’énergie doit circuler dans son propre corps. Les mouvements doivent donc toujours être très fluides et ne jamais être interrompus sauf à la fin où il y a projection du ki – D’ou l’intérêt de l’expiration quand on frappe et de l’inspiration quand on tire.

  • Tori attaque jodan oi zuki – uke bloque jodan uke et saisit le poignet – Uke effectue une rotation anti horaire du poignet en tirant et riposte en gyaku zuki – truc : bien aller chercher avec la pointe du pied au moment du contact pour tirer d’un coup sec en effectuant un transfert du poids du corps.
  • Tori attaque jodan oi zuki – uke bloque jodan uke – Tori produit une poussée sur le bras de Uke – en effectuant un relâchement de son coude, uke vient le placer contre celui de tori – Uke saisit de la main droite le poignet de Tori et effectue une clé de coude en poussant vers l’avant.
  • Tori attaque chudan oi zuki – uke bloque gedan baraï bras gauche et saisit le poignet de Tori – Tori enchaîne jodan gyaku zuki – Uke dévie le poing avec jodan nagashi uke (technique brossée) et pousse vers le bas la main droite de tori – Uke se trouve donc dans la position manji uke – il frappe ura zuki ou empi en libérant sa main droite.
  • Tori attaque chudan oi zuki – uke bloque soto uke en plaçant son blocage au delà du coude de Tori – à partir de cette situation imaginer la suite : clé – étranglement – projection – balayage.

Le stage se termine par cette petite histoire

Une vieille légende hindoue raconte qu’ il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux.
Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter
le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver.
Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.
Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème,
ils proposèrent ceci: Enterrons la divinité de l’ homme dans la terre. »
Mais Brahma répondit : « Non, cela ne suffit pas, car l’ homme creusera et la trouvera. »
Alors les dieux répliquèrent : « Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans. »
Mais Brahma répondit à nouveau : « Non, car tôt ou tard, l’ homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu’ un jour, il la trouvera et la remontera à la surface. » Alors les dieux mineurs conclurent :
« Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer
d’ endroit que l’ homme ne puisse atteindre un jour. »
Alors Brahma dit : « Voici ce que nous ferons de la divinité de l’ homme :
nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher. »
Depuis ce temps-là, conclut la légende, l’ homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.

Deuxième partie
I– Echauffement
  • Echauffement tête – nuque – bassin (voir 1ère partie)
  • debout jambes écartées – aller toucher son pied gauche – passer au centre – puis aller toucher son pied droit – écarter les jambes de plus en plus et recommencer
  • Au sol corps à 45° mains derrière le dos coudes en appui jambes tendues
  • ciseaux verticaux jambe gauche – puis jambe droite -puis les 2 jambes alternées
  • cercles avec les 2 pieds – rotation horaire puis anti horaire en faisant des cercles de plus en plus amples .
  • allonger sur le côté – la tête reposant sur la main -les coudes au sol- ciseaux verticaux
  • allonger sur le dos – plier le genou gauche sur le ventre et le bloquer avec le bras gauche – écarter le bras droit perpendiculaire au corps – effectuer des étirements en basculant le corps à gauche (idem de l’autre côté)
  • allonger dos au sol – attraper chaque pied avec ses mains – tendre les jambes et effectuer des étirements jambes écarts
  • accroupi – pieds légèrement écartés – se relever mae geri pied droit – accroupi – se relever mae geri pied gauche – accroupi – se relever saut en extension en montant les genoux à la poitrine
II – Technique
  • sur place pieds en hachijidachi enchaîner même bras

oi zuki – nagashi jodan uke – jodan shuto uchi – ushiro empi uchi – jodan haito uchi

idem autre bras

  • travail sur le transfert du poids de corps en zen kutsu – kibadachi – ko kutsu

Gilbert explique le principe des 3 positions importantes en karaté en expliquant que ce sont des positions que l’on possède naturellement.

Lorsqu’on marche, le poids du corps se déplace sur la jambe d’appui

Lorsque l’on recule on transfert le poids du corps sur la jambe arrière

Dans les deux cas, c’est seulement lorsque le transfert est effectué, que la jambe opposée peut se mouvoir . Autrement dit, pendant que la jambe d’appui presse en direction du sol, l’autre jambe s’élève en utilisant les abdominaux à partir du centre de gravité. Bien qu’une pression soit exercée en direction du sol par la jambe d’appui, une réaction est créée de ce fait, par l’autre jambe qui se déplace vers l’avant. Le processus prend de la vitesse grâce à la force de compression générée par la jambe d’appui; A ce moment, le changement de position s’effectue.

A l’arrêt on est stable sur ses deux jambes ; lorsqu’on effectue une poussée vers l’avant le corps se met sur la jambe avant et la jambe arrière se tend pour augmenter la force exercée.

Si au contraire on tire sur une corde par exemple, le poids du corps se place sur la jambe arrière repliée;

Si on soulève quelque chose, on écarte les jambes et on pousse sur les deux jambes vers le haut. Ses principes étant naturels, on doit les retrouver facilement dans nos positions et dans les enchaînements.

  1. Jodan uke bras gauche + gyaku chudan bras droit en zen kutsu
  2. enchaîner soto uke bras gauche en kiba dachi
  3. enchaîner gedan baraï bras gauche + gyaku chudan bras droit
  4. Gedan baraï bras gauche en neko hachi dachi
  5. soto uke même bras en kiba dachi
  6. uraken même bras en se redressant position heisoku dachi
  7. enchaîner chudan yoko geri puis gyaku zuki

Le travail s’effectue des 2 côtés en allant de plus en plus vite dans le transfert du poids de corps et avec kiai à la fin. Mise en application de ces 2 techniques dans le travail à 2.

III – Travail à 2
  • Tori attaque jodan oi zuki jambe gauche en avant – Uke bloque jodan uke et riposte gyaku chudan

tori enchaîne gyaku zuki -bras gauche – uke bloque soto uke bras gauche

Uke dégage tout de suite gedan baraï et frappe gyaku chudan en utilisant la rotation de la hanche

  • Tori attaque mae geri chudan jambe gauche – Uke esquive en neko hachi dachi et bloque gedan baraï – Tori enchaîne gyaku chudan – uke bloque soto uke en kiba dachi – En se redressant il frappe uraken – Il enchaîne chudan yoko geri puis gyaku chudan

Gilbert profite d’un moment de récupération pour aborder le problèmes des points vitaux et parle du dim mak, art mart ial ancestral chinois consistant à attaquer certains points particuliers se trouvant sur le corps d’un adversaire. Il montre différents endroits du corps qui sont extrèmement douloureux lorsqu’on les frappe ; ils sont essentiellement placés sur l’axe médian du corps; Leur connaissance permet bien évidemment de mettre un adversaire hors d’état de nuire plus facilement mais elle permet aussi d’éviter les accidents pendant l’entraînement. Gilbert montre aussi que l’angle d’attaque est important en prenant l’exemple du oi zuki au niveau du plexus. La frappe peut être rectiligne, elle peut aller vers le bas ou aller vers le haut – Les organes touchés ne seront pas les mêmes et les résultats seront différents : souffle coupé, vomissements ou arrêt cardio vasculaire. Il y a donc tout intérêt à être très prudent en combat même souple, car on peut causer des dégâts importants à son partenaire.

Le stage se termine par un petit exercice

  • Tori et uke se font face – en se tenant les mains (poings serrés pour tori, mains ouvertes

pour uke) les coudes légèrement pliés, frapper mawashi à gauche et à droite.

Pour cela uke doit placer tout de suite son corps en tournant le pied et enchaîner le

suivant sans donner d’ à coups avec la hanche.

Gilbert parle du temps décalé ou ralenti – sensation qui donne l’impression que l’action est au ralenti.

Dans ce cas on perçoit des possibilités de contre attaque très efficace -le risque est de se laisser surprendre par ce phénomène lorsqu’il arrive. Kanazawa explique que bien que blessé à la main pendant la finale du championnat du Japon à laquelle il participait, il voyait au ralenti ses adversaires et n’avait aucun problème pour les contrer.

Si on observe attentivement la trotteuse d’une montre et qu’ensuite on pense à quelque chose d’agréable ou en faisant le vide mental, lorsque l’on regarde de nouveau la trotteuse on a le sentiment que la trotteuse avance moins vite.

Cela s’appelle la « chronokinésie » ou « psychochronoastasie » et cela correspond au changement d’état du temps psychique tel qu’il est perçu par l’individu. La science n’explique pas ce phénomène mais pense que la glande amygdale située dans le cerveau pourrait être à l’origine de cette sensation, notamment en cas de stress.